Ce que Vinted fournit vraiment
Dans l'application, tu as accès à ton solde, à l'historique de tes transactions et au détail de chaque commande. C'est consultable, c'est daté, c'est exact. Mais c'est conçu pour être lu écran par écran, pas pour être totalisé.
Au moment où on écrit, il n'existe pas d'export tableur natif : ni CSV, ni Excel. Pour reconstituer un mois de ventes, il faut faire défiler les commandes une par une et recopier. Sur dix ventes c'est pénible ; sur deux cents, personne ne le fait, et c'est là que la comptabilité prend du retard.
Il reste les e-mails. Vinted envoie une notification à chaque étape : article vendu, colis à expédier, commande livrée, paiement libéré. Ces mails contiennent l'essentiel — l'article, la date, le montant — et ils sont horodatés. C'est la source la plus fiable pour reconstruire un historique complet, à condition de ne pas les supprimer.
Vinted met aussi à disposition, une fois par an, un récapitulatif dans le cadre de la directive DAC7 pour les vendeurs concernés. Utile pour recouper un total annuel, mais insuffisant pour tenir des comptes au mois.
Ce dont un comptable a besoin
Une ligne par vente, et toujours les mêmes colonnes. Dans le désordre : la date de la vente et celle de l'encaissement, l'article vendu avec son identifiant ou son numéro de stock, le prix de vente, le montant encaissé, les frais qui te sont imputés, le statut de la commande, et de quoi identifier l'acheteur.
La distinction entre date de vente et date d'encaissement paraît tatillonne, elle ne l'est pas. Une vente conclue fin mars et créditée début avril ne se déclare pas sur le même trimestre. Sans les deux dates, l'affectation par période devient approximative.
Le statut compte autant que le montant. Une commande annulée, un retour, un litige en cours : ces lignes ne doivent pas gonfler ton chiffre d'affaires. Un export qui les mélange avec les ventes abouties produit un total faux, dans le sens qui coûte cher.
Enfin, il faut le prix d'achat en face. C'est ce qui manque presque toujours, parce que Vinted ne l'a jamais connu. Sans lui, tu as un chiffre d'affaires mais aucune marge, et le comptable ne peut pas établir de résultat.
Un CSV par période
Une ligne par vente, dates, montants, frais, statut et prix d'achat. Filtrable, totalisable, recoupable avec les relevés.
Des captures d'écran
Illisibles à la totalisation, impossibles à filtrer, et refusées comme justificatif propre. C'est du travail à refaire.
Pourquoi un CSV propre change tout
Un CSV est un simple fichier texte que tout tableur ouvre. Une fois tes ventes dedans, tu peux trier par mois, filtrer par marque, sommer une colonne, et obtenir en dix secondes le chiffre à reporter dans ta déclaration. C'est la différence entre une soirée et deux minutes.
Il sert aussi à recouper. Le total des montants encaissés doit correspondre à ce que tu as effectivement viré de ton porte-monnaie Vinted vers ta banque. Quand les deux chiffres divergent, l'écart pointe presque toujours une commande annulée comptée comme vendue, ou un virement à cheval sur deux mois.
Le format est enfin ce que ton comptable préfère recevoir. Il l'importe dans son logiciel sans ressaisie, ce qui réduit le temps facturé et supprime les erreurs de recopie. Un tableau bien colonné vaut mieux qu'un dossier de captures d'écran, même très bien rangé.
Un détail pratique : garde un fichier par période plutôt qu'un fichier unique qui grossit. Un CSV par trimestre, archivé au moment de la déclaration, fige l'état des comptes tel qu'il a été déclaré.
Factures et reçus PDF
En vente entre particuliers, personne ne réclame de facture. Dès que tu vends en tant que professionnel, ça change : un acheteur professionnel peut demander une facture avec ton numéro d'identification, la date, la désignation de l'article, le montant et la mention de franchise en base de TVA si tu en relèves.
Le reçu est plus léger : il atteste le paiement sans avoir la valeur comptable d'une facture. Il suffit pour un acheteur particulier qui veut une preuve, ou pour ton propre classement.
Le point à ne pas rater est la numérotation : une facture appartient à une série continue, sans trou. Un document généré à la demande, une semaine après la vente, doit s'insérer dans cette série. C'est exactement le genre de détail qu'on ne peut pas rattraper en fin d'année.
Conserve ces PDF au même endroit que ton export. Un contrôle porte rarement sur un total : il porte sur une ligne précise, et il faut pouvoir remonter de la ligne au document en quelques secondes.
Garder les justificatifs d'achat
La moitié de ta comptabilité se joue à l'achat. Sans preuve de ce que le stock t'a coûté, tu es taxé sur tout ce que tu encaisses, et ta marge n'existe sur aucun document. C'est le point faible de la plupart des revendeurs, parce que le sourcing se fait souvent en espèces et sans papier.
Prends le réflexe de tout garder : ticket de friperie, reçu de vide-grenier, capture d'une commande de déstockage, message de la personne qui t'a vendu un lot. Photographie le ticket dès la sortie du magasin — l'encre thermique s'efface en quelques mois.
Pour un lot, note trois choses au moment de l'achat : le montant total, le nombre de pièces, et la date. C'est ce qui permet ensuite de répartir le coût pièce par pièce et de savoir combien d'articles du lot attendent encore d'être vendus.
Range les justificatifs par mois d'achat, pas par article. Retrouver un ticket dans un dossier « mars » prend dix secondes ; le retrouver dans un dossier de 400 photos non triées prend une heure.
Le bon rythme : ne pas tout reprendre en fin d'année
Le scénario classique est connu : on repousse, et en fin d'année il faut reconstituer douze mois de ventes à partir d'un historique qu'on ne peut pas exporter. À ce stade, certaines commandes ont disparu du fil, les mails ont été supprimés, et les tickets d'achat sont illisibles.
Le rythme qui tient est mensuel, calé sur la déclaration. Une fois par mois : tu sors l'export de la période, tu vérifies que les statuts sont à jour, tu recoupes avec ton relevé bancaire, tu archives le fichier. Vingt minutes, et le mois est clos.
Ce rythme a un bénéfice qui dépasse la conformité : il te dit chaque mois ce que tu gagnes réellement, pendant que tu peux encore corriger le tir sur ton sourcing. Une comptabilité annuelle ne sert qu'à constater. Le sujet est développé dans le guide sur la comptabilité du revendeur Vinted.
Comment V-Storm construit ton export
V-Storm lit les mails Vinted et enregistre chaque vente automatiquement : article, date, chiffre d'affaires brut, montant encaissé, et le statut réel de la commande — vendu, à expédier, expédié, livré, encaissé, litige, retour, annulé. Tu n'as rien à recopier, et les lignes annulées ne gonflent pas ton total.
Le prix d'achat est rattaché par numéro de stock ou par lot, ce qui fait apparaître le profit net à côté de chaque vente. Les achats de sourcing sont suivis avec une quantité restante par lot, pour savoir ce qui a déjà trouvé preneur.
L'export CSV se génère sur la période, le compte ou la marque de ton choix. Les factures et reçus PDF se produisent depuis la même vente, pour un acheteur professionnel ou pour ton classement. Les filtres par période et par compte servent quand plusieurs boutiques Vinted tournent en parallèle.
Ce que l'outil ne fait pas : il ne transmet rien à l'administration, ne remplace pas un comptable et ne devine pas un prix d'achat que tu n'as pas saisi. Il rassemble et met en forme ce que tu lui donnes. La comptabilité et les exports sont inclus dans le plan gratuit.
Pour aller plus loin : tenir sa comptabilité de revendeur, impôts et Vinted : ce qui est déclarable, un logiciel pour gérer sa boutique.